Atlas des graines
Atelier Atlas des graines - <i>Atlas des graines</i>  - Agnès Prévost
Atlas des graines , 32 x 39 cm, série de 8 photographies numériques, 2020         
Voler. Aller au loin. Être au vent. Munie de son aile la graine est légère comme l’air, sa membrane entre dans le flux d’air. Elle cherche un lieu où des conditions de possibilités de germination sont réunies.
Dans le fort courant d’air, l’aile résiste au vent. Navigation. Sent-elle que le vent existe ? L’intention de la plante est de se reproduire, d’aller au loin, de maintenir en vie son espèce. La plante se dit-elle quelque chose comme « je dois voyager pour essaimer » ?

Aile,
Poil,
Crochet,
Bouée,
Digestion des animaux,
la graine devient mobile en se servant des forces en présence, qu’elles soient vivantes ou non vivantes.
Magnifique invention du vivant, il y a quelques 300 millions d’années. L’humain n’est qu’une source de formes parmi d’autres. Le signe est partagé par l’ensemble du vivant.
Quelles formes avons-nous en héritage du monde végétal ?
« Si c’était les autres êtres vivants qui avaient éduqué les hommes ? »1

Aile,
Poil,
Crochet,
Bouée,
Digestion des animaux,
autant de formes qui révèlent des fonctions, et surtout une relation sensible au monde. Par sa capacité de sentir, la morphologie des graines véhicule-t-elle une capacité que j’ignore à appréhender des bouts de monde ? La forme naturelle constitue-t-elle une capacité à prendre et comprendre le monde ? Monde sensible : la matière de nos représentations du monde.
Envisager des formes de percevoir du monde que les plantes possèdent par cette seule capacité sensible.

L’atlas, la carte, ont été et sont des outils majeurs de compréhension et de reconnaissance de la Terre. Les cartes météorologiques sont des systèmes de représentation du climat et des phénomènes météorologiques. De l’échelle et de l’expérience sensible terrestres se construit un système symbolique.
J’imaginais réaliser les planches d’un Atlas imaginaire dans lequel on verrait les graines dessiner notre monde par leur être au monde. Ce serait elles qui parcourraient et redessineraient le monde terrestre à leur échelle, leur cadence. L’atlas permettrait d’une part de rendre visible leur action permanente en se jouant des échelles. Et de mélanger entre eux des signes qui, a priori, restent distincts dans leurs desseins. De remettre les signes vivants dans des symboles. Puisque je ne peux disposer de cartes effectuées par les plantes, que peut produire la mise en contact entre les formes des graines et des cartes anciennes ou récentes, géographiques et météorologiques ?


Agnès Prévost

> exposition collective Transmissions végétales