"Today, choosing to draw or paint trees, mountains, leaves, branches, animals, sea, or other lifeforms existing in nature is simultaneously keeping alive and questioning the relationship I maintain with them over time. Looking, drawing, are deeply empathetic and connecting actions to me; they are also moments of distancing ourselves, ways of considering that and those we are witness to. Also, drawing and painting involve, through their movements, the body – a body which reacts depending on its own memory – and intuition – because creating is a process, it isn’t entirely predictable. For me the power of art consists precisely in its capacity to thus make the intuitive and the cultural interact, or even confront one another.
That being said, proposing new representations of nature despite the plethora of already existing representations over time and space may seem ludicrous. The history of art proves otherwise. This choice even seems to me, in the era of the “Anthropocene”, to be truly crucial. The advent of this new geological era – whatever it may be called – which establishes mankind as a geological force, is in itself properly disrupting: it radically alters our vision of nature. New questions, new representations emerge as a result; it therefore seems to me that there is a symbolic history to pursue, if not to write. For myself in any case, my artistic approach has been transformed by this."
Interview with Noora Puolamaa, Swarm Dynamics organisation
> Swarm Dynamics
 
"Relation
Dessin en tant que « relation ». Le dessin est une façon parmi d’autres d’entrer en relation avec quelque chose, comme cette branche que je regarde. Il est une façon et une possibilité de com-prendre - cum prehendere.
Commun
Ce qui nous est commun avec les autres êtres naturels est d’abord l’espace que nous partageons. La page blanche que j’ai devant moi - ou bien le cadre de mon image, le socle de mon volume – est un double de cet espace partagé.
Relier échelle humaine et autres échelles, de l’infime au cosmique. Relier le je au milieu qui l’abrite.
Sensoriel
Espace sensoriel : espace existentiel. « Il y a un espace tactile ». Monde tactile. Différence entre vision (projection) et toucher (contact). La perception est un lien sensible. L’art est alors à la fois lien et matérialisation d’une séparation. (Relayer plutôt la parenté avec les choses.)
Paysage
Entrer dans le paysage, y être. Chaque paysage est un pays, une terre où vivre - et qui vit."
Catalogue d'exposition Le Grand Atelier - Bebert, Née, Prévost, Studinka
> Éditions des Cendres
 
"Sans l’évolution de la position du spectateur, sans sa rencontre avec l’œuvre, aucune sorte d’image ni aucune lecture du sens ne peut advenir. Sur la base de cette attente du visiteur, de ce vide à combler, est créée une ouverture au sens. Le sens peut naître en effetdans l’échange entre les mots et les éléments plastiques tangibles de l’œuvre,et est conditionné par l’expérience unique que l’on en fait. Si ce procès – exigence de participation et de réceptivité - est constitutif de bon nombre d’œuvres d’art actuelles, on peut souligner que Muriel Leray l’utilise comme condition sine qua non de l’avènement du sens. Ces œuvres confèrent au visiteur un rôle capital en tant que personne vivante : «L'objet n'impose rien ; il doit donner à exister.» ; «Le travail de la composition a été mis au service de cette rencontre ; en attente d'un usager désirant.
(...)
S’impose alors avec forcele propos de cette première composition qui met subtilement en rapport lieu, présence et temps. Il nous faut être «ici» (en italien, «qui») comme le demande le dispositif, par le corps, mais avec les pieds. L’artiste requiert de nous une présence physique dont l’authenticité est prouvée par l’emplacement de nos pieds sur le sol. L’ici attesté par la présence physique à cet instant-là est posé comme condition. Ce n’est vraisemblablement pas de voir dont il s’agira avant tout, mais d’être là."
> Muriel Leray