Corps de plantes
2023 - en cours/ongoing
Projet, recherche
Vues d'expositions :
2026 Poush Aubervilliers. "Introduction" (coll), commissariat : Collectif Local Technique
2023 Association 47-2. Restitution de résidence personnelle, Cosne-sur-Loire, 2023
Projet, recherche
Vues d'expositions :
2026 Poush Aubervilliers. "Introduction" (coll), commissariat : Collectif Local Technique
2023 Association 47-2. Restitution de résidence personnelle, Cosne-sur-Loire, 2023
« Avons-nous perdu aujourd’hui ce contact étroit du corps avec les plantes ? » (Capucine Crosnier)
La recherche artistique Corps de plantes s’intéresse à l’origine des liens historiques établis entre plantes et femmes, et aux relations que les femmes ont effectivement nourri depuis les temps préhistoriques avec les plantes à travers la pratique de la cueillette, du soin et du textile.
Cette recherche est née en Bourgogne-Morvan avec deux herboristes cueilleuses du territoire. L’ethnobotaniste Capucine Crosnier montre qu’en Europe la connaissance des femmes en matière médicinale est très ancienne et que leur rôle central dans le soin des corps et des maux spécifiquement féminins aux différents âges de la vie. Avant l’essor de la médecine libérale au XXème siècle, les femmes étaient à la fois les gardiennes, praticiennes et transmetteuses de ce savoir. Au-delà, ces connaissances nous viennent notamment des sages-femmes persécutées pendant la chasse aux sorcières (travaux de Carolyn Merchant, Julie Pilorget). Les herboristes cueilleur·ses contemporain·es – dont la pratique est tenue dans la marginalité depuis la déchéance du diplôme par le Mal Pétain en 1941 – héritent en partie de cette histoire. Pourtant, aujourd’hui encore, les trois quarts des médicaments conservent une origine végétale.
Le projet se développe par la réalisation partagée de poches de cueillette de plantes médicinales destinées à être utilisées. Par la teinture directe de vêtements et d’objets féminins blancs stéréotypés, le projet rend visible le lien entre corps végétal et corps humain. Empreint de la végétalité comme puissance de couleur et de soin, le projet invite à se réapproprier cette pratique et cette connaissance médicinaux, à réhabiliter (reclaim) l’importance des corps et des savoirs incarnés (embodied knowledges) dans notre histoire, et réinstituer la cueillette en tant que savoir incarné de notre lien toujours vital aux plantes.
“Have we lost that close physical connection with plants today?” (Capucine Crosnier)
The artistic research project Corps de plantes explores the origins of the historical links between plants and women, and the relationships that women have nurtured with plants since prehistoric times through the practices of gathering, care and textile-making.
This research began in Bourgogne-Morvan with two local herbalists and gatherers. Ethnobotanist Capucine Crosnier demonstrates that in Europe, women’s knowledge of medicinal plants is deeply rooted in history, and that they have played a central role in caring for the body and addressing specifically female ailments at different stages of life. Before the rise of private medicine in the 20th century, women were the guardians, practitioners and transmitters of this knowledge. Furthermore, this knowledge comes to us in particular from the midwives persecuted during the witch hunts (work of Carolyn Merchant, Julie Pilorget). Contemporary herbalists and plant gatherers – whose practice has been marginalised since the revocation of their professional status by Pétain in 1941 – have, in part, inherited this history. Yet even today, three-quarters of medicines retain a plant-based origin.
The project takes shape through the collaborative creation of pouches for gathering medicinal plants intended for use. By directly dyeing stereotypically white women’s clothing and objects, the project highlights the connection between the plants bodies and the human bodies. Through the vegetal power of colour and care, the project invites us to reclaim this medicinal practice and knowledge, to restore the importance of bodies and embodied knowledge in western history, and to re-establish gathering as embodied knowledge of our ever-vital connection to plants.
La recherche artistique Corps de plantes s’intéresse à l’origine des liens historiques établis entre plantes et femmes, et aux relations que les femmes ont effectivement nourri depuis les temps préhistoriques avec les plantes à travers la pratique de la cueillette, du soin et du textile.
Cette recherche est née en Bourgogne-Morvan avec deux herboristes cueilleuses du territoire. L’ethnobotaniste Capucine Crosnier montre qu’en Europe la connaissance des femmes en matière médicinale est très ancienne et que leur rôle central dans le soin des corps et des maux spécifiquement féminins aux différents âges de la vie. Avant l’essor de la médecine libérale au XXème siècle, les femmes étaient à la fois les gardiennes, praticiennes et transmetteuses de ce savoir. Au-delà, ces connaissances nous viennent notamment des sages-femmes persécutées pendant la chasse aux sorcières (travaux de Carolyn Merchant, Julie Pilorget). Les herboristes cueilleur·ses contemporain·es – dont la pratique est tenue dans la marginalité depuis la déchéance du diplôme par le Mal Pétain en 1941 – héritent en partie de cette histoire. Pourtant, aujourd’hui encore, les trois quarts des médicaments conservent une origine végétale.
Le projet se développe par la réalisation partagée de poches de cueillette de plantes médicinales destinées à être utilisées. Par la teinture directe de vêtements et d’objets féminins blancs stéréotypés, le projet rend visible le lien entre corps végétal et corps humain. Empreint de la végétalité comme puissance de couleur et de soin, le projet invite à se réapproprier cette pratique et cette connaissance médicinaux, à réhabiliter (reclaim) l’importance des corps et des savoirs incarnés (embodied knowledges) dans notre histoire, et réinstituer la cueillette en tant que savoir incarné de notre lien toujours vital aux plantes.
“Have we lost that close physical connection with plants today?” (Capucine Crosnier)
The artistic research project Corps de plantes explores the origins of the historical links between plants and women, and the relationships that women have nurtured with plants since prehistoric times through the practices of gathering, care and textile-making.
This research began in Bourgogne-Morvan with two local herbalists and gatherers. Ethnobotanist Capucine Crosnier demonstrates that in Europe, women’s knowledge of medicinal plants is deeply rooted in history, and that they have played a central role in caring for the body and addressing specifically female ailments at different stages of life. Before the rise of private medicine in the 20th century, women were the guardians, practitioners and transmitters of this knowledge. Furthermore, this knowledge comes to us in particular from the midwives persecuted during the witch hunts (work of Carolyn Merchant, Julie Pilorget). Contemporary herbalists and plant gatherers – whose practice has been marginalised since the revocation of their professional status by Pétain in 1941 – have, in part, inherited this history. Yet even today, three-quarters of medicines retain a plant-based origin.
The project takes shape through the collaborative creation of pouches for gathering medicinal plants intended for use. By directly dyeing stereotypically white women’s clothing and objects, the project highlights the connection between the plants bodies and the human bodies. Through the vegetal power of colour and care, the project invites us to reclaim this medicinal practice and knowledge, to restore the importance of bodies and embodied knowledge in western history, and to re-establish gathering as embodied knowledge of our ever-vital connection to plants.