Strate après strate, 2017
Atelier Strate après strate - <i>L'eau, strate après strate</i> - Agnès Prévost
L'eau, strate après strate, 115 x 195 cm, gouache, papier marouflé sur toile
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L’empreinte porte en elle la matrice sur laquelle elle est réalisée. Elle place l’œuvre à l’intersection entre la matière et moi.

À partir de traces successives d’une foulée humaine sur des lais de papier, le diptyque Strate après strate évoque par la couleur l’histoire géologique terrestre. Les couleurs renvoient à des processus physico-chimiques (émergence des océans, photosynthèse) qui ont eu un rôle décisif dans l’apparition de la vie. Le dégradé coloré et la superposition des lais de papier évoquent ces processus recomposés dans l’espace de l’oeuvre et la durée de parcours visuel et corporel. L’empreinte montre ici autre chose que la foulée humaine elle-même : elle donne à voir le détail du sol, sa matière. La foulée devient un horizon inachevé, autre qu’humain.

Pour le dyptique Étendues, érosion... je souhaitais évoquer conjointement cartographie et art de la tapisserie. Ce qui y est en jeu est une perte de repère dans la perception de leur échelle réelle, et un questionnement en retour sur l’échelle réelle du vivant terrestre. Travailler la référence au tapis c’était évoquer un ouvrage fabriqué qui tend à l’usure par l’usage. Pour ces deux oeuvres, à partir de l’empreinte qui conserve une part de la vitalité de la matrice, je pouvais de plus évoquer en complément l’érosion, la disparition (lisible dans l’effacement de leur partie centrale).